source : La Presse +

Dans le cadre d’une journée annuelle de deuil particulièrement sombre, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) annoncera demain que le nombre de travailleurs tués sur les chantiers de construction du Québec a doublé en 2016, alors que le nombre global d’accidents de travail mortels a aussi atteint un sommet des dernières années.

HAUSSE IMPORTANTE DES PERTES DE VIE

Le bilan est sombre : 20 travailleurs de la construction sont morts dans un accident de travail en 2016, selon les chiffres de la CNESST (ex-CSST) obtenus par La Presse et qui seront rendus publics demain. C’est deux fois plus que les 10 travailleurs de la construction tués en 2015. Cette hausse importante a poussé le total des accidents de travail mortels – tous milieux de travail confondus – à 80 en 2016, contre 69 pour 2015. La construction arrive en tête de liste des industries les plus endeuillées.

Nombre d’accidents de travail mortels au Québec

2011 : 68

2012 : 75

2013 : 63

2014 : 57

2015 : 69

2016 : 80

SYNDICAT EN COLÈRE

À la FTQ-Construction, le principal syndicat de son secteur, on sonne l’alarme. « Je suis écœuré qu’on m’appelle pour me dire qu’il y a un décès, a affirmé Yves Ouellet. Ça nous dévaste chaque fois que ça arrive. C’est mon monde, je viens de là. » Le syndicaliste a refusé de discuter des chiffres de la CNESST pour 2016, puisqu’il siège au conseil d’administration de l’organisation. Il a toutefois souligné que même en 2017, les problèmes sont nombreux sur les chantiers. « C’est dur d’avoir un dialogue avec les entrepreneurs, parce que nous, on parle de prévention et eux parlent d’argent, a continué M. Ouellet. On ne voit pas ça de la même manière. » Il voudrait voir le gouvernement entreprendre des actions décisives rapidement.

DES ACCIDENTS VARIÉS

Machinerie renversée, échafaudage instable, électrocution mortelle : la CNESST enquête sur chacun des accidents de travail mortels ou qui font un blessé grave. Des modélisations sont parfois produites afin de mieux comprendre les causes des accidents.

QUATRE MORTS CHEZ HYDRO

Avec quatre travailleurs tués dans les 12 derniers mois (dont trois en 2016) sur ses installations, Hydro-Québec s’attire les foudres des syndicats de la construction. La FTQ-Construction a demandé au début du mois d’avril une commission d’enquête publique sur la société d’État. « On est très bons en matière de santé-sécurité, mais ça ne suffit pas d’être très bons, a fait valoir Mathieu Rouy, porte-parole d’Hydro-Québec, en entrevue. Ça ne nous satisfait pas du tout et on est extrêmement préoccupés. On souhaite devenir une référence. » La société d’État a créé un comité spécial pour réviser ses pratiques et a confié un mandat d’évaluation à une firme spécialisée. Depuis le début des chantiers sur la rivière Romaine, en 2008, quatre travailleurs y ont trouvé la mort.

COINCÉ DEUX SEMAINES

L’un d’eux s’appelait Luc Arpin et habitait aux Escoumins. En décembre dernier, il a perdu la vie écrasé par l’écroulement d’un mur de roche alors qu’il était aux commandes d’une pelle mécanique au chantier Romaine-4. Son corps n’a pu être récupéré que deux semaines après sa mort. « Mon mari n’aurait pas dû aller là. Il savait que c’était une place dangereuse pour travailler et ils l’ont envoyé pareil. J’ai perdu mon mari pour un accident qui aurait pu être évité », a déploré sa veuve Suzie Deschênes, hier, en entrevue.

Elles sont souvent moins frappantes que les accidents de travail, mais elles tuent encore davantage : les morts liées à des maladies professionnelles ont aussi augmenté en 2017, annoncera demain la CNESST. En 2016, 137 travailleurs en sont morts, contre 127 l’année précédente. L’amiante serait la principale cause de ces pertes de vie, à la fois chez les employés impliqués dans l’exploitation du minerai et chez les travailleurs de la construction qui le manipulaient.

Nombre de morts liées à des maladies professionnelles

2011 : 136

2012 : 136

2013 : 121

2014 : 107

2015 : 127

2016 : 137

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