LA SÉCURITÉ DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS D’ABORD!

MÉMOIRE PRÉSENTÉ AU

BUREAU D’AUDIENCES PUBLIQUES SUR L’ENVIRONNEMENT (BAPE)

PAR

LE COMITÉ D’APPUI AUX TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES ACCIDENTÉS DE LA RÉGION DES APPALACHES (CATTARA)

THETFORD MINES, 2020
PRESENTATION
Le Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses de la région des Appalaches (CATTARA) est un organisme communautaire incorporé selon la Loi des compagnies, partie III.
L’organisme a été fondé le 17 septembre 1987 à Thetford Mines.
Sa mission consiste en la défense des droits des travailleuses et travailleurs accidentés ou victimes de maladies professionnelles.
Il poursuit également des objectifs de prévention et de sensibilisation relativement aux normes du travail, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.
Il est régi par un conseil d’administration formé de sept membres dûment élus en assemblée générale pour des mandats d’une année. Ces mandats peuvent être renouvelés.
CATTARA compte 42 membres, majoritairement des personnes qui sont ou ont été victimes d’accidents ou de maladies professionnelles.
L’organisme traite en moyenne 200 dossiers d’accidents ou de maladies professionnelles par années.
Avec son siège social à Thetford Mines, CATTARA est directement concerné par les questions relatives à la santé des travailleuses et travailleurs et ex-travailleuses et travailleurs en contact avec des minerais contenant de l’amiante.
Le Comité d’appui des travailleurs et travailleuses accidentés de la région des Appalaches compte sur les services de deux employés à temps plein. Un superviseur, ex-commissaire de la Commission des lésions professionnelles (aujourd’hui Tribunal administratif du travail) et ex-président syndical à la Mine d’amiante BELL et formateur à la retraite en santé et sécurité et normes du travail au sein du syndicat des Métallos.
CATTARA intervient régulièrement dans les médias sur toutes questions relatives à la santé, la sécurité et les normes du travail.

PRÉAMBULE
D’entrée de jeu, il importe d’affirmer que le Comité d’appui aux travailleurs accidentés de la région des Appalaches (CATTARA) est conscient que l’amiante constitue un produit dangereux ayant un potentiel cancérigène élevé. Plusieurs médecins et chercheurs en ont fait la démonstration et nous n’avons aucunement l’intention de nous opposer ni de nous substituer à eux. À chacun son champ d’intervention.
À CATTARA, nous côtoyons au quotidien des personnes victimes d’accidents ou de maladies professionnelles. Certains cas sont déchirants, principalement lorsque la mort est imminente. Les cas de mésothéliome et d’amiantose sont de ceux-là.
Nous n’avons donc aucun objectif de minimiser la dangerosité de l’amiante ou des risques que comporte la manipulation du produit. Les scientifiques se sont suffisamment penchés sur la question; prétendre le contraire serait faire preuve de mauvaise foi.
Toutefois, nous sommes en mesure de constater que les cas de cancer reliés à l’amiante, qui ont été référés à notre organisme, remontent tous à une époque où la protection et l’encadrement n’étaient pas de rigueur dans l’industrie. Nous ne voulons pas mettre en doute ici qu’il y ait d’autres cas avérés et plus récents, mais à notre connaissance, ceux-ci réfèrent à d’autres secteurs industriels, notamment le domaine de la construction, et sont concentrés plus spécifiquement dans les grands centres urbains.
C’est pourquoi, la position de CATTARA en sera une qui va dans le sens suivant : que les éventuels promoteurs de projets de valorisation des résidus miniers mettent en place et appliquent les mesures de protection en vigueur dans l’industrie minière. Notamment, comme c’était le cas dans notre région, la mesure de la qualité de l’air ambiant tout comme les techniques de mouillage du sol.

LES ENJEUX ÉCONOMIQUES
Bien que notre secteur d’intervention ne soit pas directement lié à l’économie de la région, force est de constater que cet aspect de la question de la valorisation des résidus miniers est au cœur du débat et nous ne pouvons pas en faire abstraction.
On évalue à plus de 800 millions de tonnes les résidus qui se trouvent présentement dans les régions de Thetford Mines et d’Asbestos et qui composent ce que communément nous appelons les haldes. On estime que ces résidus sont composés en moyenne à 20% de fibre d’amiante, selon les chiffres fournis par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Toutefois, ils contiendraient également une forte concentration de magnésium, environ 35%, selon la docteure Emmanuelle Cecchi de l’Unité de recherche et de service en technologie minérale (URSTM). Ce qui représente un potentiel énorme de revalorisation.
Or, ce qui semble être le nœud de la controverse qui oppose la santé à l’économie d’une région repose essentiellement, à notre avis, sur les moyens à utiliser et les mesures à prendre lors de la manipulation des résidus miniers et de l’extraction de certains minéraux qu’ils contiennent.
À CATTARA, nous sommes d’avis que la santé des travailleuses et des travailleurs n’est pas incompatible avec le développement économique des deux régions concernées. Loin de nous, cependant, l’idée de donner carte blanche à l’industrie, péchant ainsi par crédulité ou par naïveté.
Lors des auditions sectorielles du 24 janvier 2020, nous avons été à même de constater qu’il est envisageable, pour les groupes qui oeuvrent à la défense des travailleuses et travailleurs victimes d’accidents ou de maladies professionnelles, de s’asseoir à une même table afin de faire en sorte que des mesures raisonnables soient prises dans le but de garantir la santé et la sécurité de ces travailleuses et travailleurs.
Pour CATTARA, cette position laisse des ouvertures qui vont dans le sens que nous préconisons c’est-à-dire faire cohabiter santé, sécurité, environnement et économie.

DES MESURES NÉCESSAIRES À RESPECTER
Le rapport sectoriel de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) fait valoir la question des étapes de manipulation, de manutention et du transport des résidus miniers. Cette question soulève des inquiétudes, notamment le risque d’exposer les travailleurs à l’empoussièrement. Un risque avéré.
Or, il existe différentes mesures à appliquer afin de pallier ce problème. On le voit d’ailleurs sur plusieurs chantiers. Même que parfois on peut croire qu’il y a exagération, comme l’ont souligné plusieurs intervenants régionaux lors des auditions précédentes.
Comme c’était le cas lors des dernières années d’exploitation des mines d’amiante, CATTARA recommande que des tests mesurant la qualité de l’air ambiant soient pris sur une base régulière et systématique sur les chantiers, et cela par des firmes indépendantes. Nous laisserons le soin à d’autres d’élaborer davantage sur le sujet. Cependant, nous tenons à faire remarquer que les mesures à appliquer devraient l’être en proportion du niveau de risque auquel est exposé le travailleur. Cela éviterait bien des incongruités.
Mais revenons à ce qui nous motive, soit la primauté de la santé des travailleuses et des travailleurs ainsi que les moyens à mettre en place pour l’assurer.
Comme nous le soulignions plus haut, plusieurs mesures de protection sont déjà en application sur les chantiers où il y a présence d’amiante. Ainsi, lorsqu’il est question des émissions de poussière, il faudra, outre les mesures de l’air ambiant, tenir compte obligatoirement de l’exposition des travailleurs à la poussière et prendre les mesures nécessaires. En fait, comme à l’époque où les mines étaient en opération, l’abattement de la poussière avec de l’eau prévalait, ainsi que l’utilisation d’un vêtement de protection, d’une protection respiratoire, etc.
Pour CATTARA, il est essentiel que tout intervenant concerné par l’implantation d’un projet visant la revalorisation des résidus miniers puisse avoir son mot à dire dans tout le processus d’élaboration. Tant du point de vue de la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs qu’au plan environnemental ou économique. Ce n’est qu’en se concertant que l’on parviendra à concilier ces trois aspects majeurs pour le développement des régions.

CATTARA est aussi en accord avec les intervenants qui ont tracé un parallèle entre un projet de valorisation et les sites d’enfouissement sanitaire, afin que les sites miniers concernés soient assujettis aux dispositions du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST).
Par exemple, des prélèvements d’air en zone respiratoire, fait à hauteur raisonnable, permettront de mesurer l’intensité de l’exposition du travailleur et s’assurer de l’exactitude des moyens de protection en place.

L’ENVIRONNEMENT AU SENS LARGE DU TERME
Dans le chapitre précédent, nous abordions la question des sites d’enfouissement comme modèle de mesures de santé et de sécurité. Nous aborderons maintenant plus en détails cet aspect en regard des résidus miniers contenant de l’amiante.
Quoi que l’on dise, l’amoncellement des résidus miniers pose un dilemme qui touche à la fois l’environnement et la santé publique. Que faire lorsque l’on entend toutes sortes d’histoires d’horreur à propos des résidus d’amiante qui composent les haldes ? Une autre question se pose. Pourquoi, si les alentours de ces montagnes de résidus sont si dangereux, accepte-t-on que plusieurs centaines de familles continuent d’habiter cet environnement ? Le danger est-il uniquement pour les autocars de touristes ? Sinon, pourquoi ne les déménage-t-on pas au nom de la santé publique ?
Ce point, bien qu’il ne vise pas directement les travailleuses et travailleurs de la région, préoccupe grandement notre organisme.
Il y a une autre question à laquelle nous croyons qu’une réponse s’impose. Si le taux de dangerosité est exact, que fera-t-on de ces véritables montagnes de résidus si aucune entreprise n’obtient l’autorisation de s’en occuper? Si ces montagnes sont aussi dangereuses que plusieurs le prétendent, il serait totalement inconscient de les laisser en place. Il faudrait donc les enfouir. Mais où? Les sites d’enfouissement débordent déjà. En créer de nouveaux serait pour nous un non-sens et une insulte à la protection de l’environnement. Et ce, sans compter les coûts exorbitants qu’un tel chantier entrainerait.
À notre avis, avec un encadrement adéquat, l’extraction des minerais autres que l’amiante contenus dans les résidus apparaît une solution parfaitement logique et défendable relativement aux questions environnementales qui en découlent. Toutefois, il faudra l’assurance que toutes les étapes relatives à l’extraction des minéraux soient exécutées en respectant les normes établis en matière de santé et sécurité.
EN CONCLUSION
De toutes les hypothèses concernant les amoncellements de résidus miniers qui se trouvent dans la région de Thetford Mines et d’Asbestos, nous croyons que la valorisation des minéraux qu’ils contiennent, comme le magnésium, est un choix sensé et celui qui nous semble le plus raisonnable afin de conjuguer santé, sécurité, environnement et économie.
Toutefois, ces chantiers ne doivent pas voir le jour sans les garanties que la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs sera assurée et que les mesures d’encadrement seront respectées et proportionnelles aux risques.
À l’instar de plusieurs intervenants, nous voulons en terminant reposer la question qui hante bien des esprits, si le danger est si grand, pourquoi accepte-t-on que des familles vivent à proximité des haldes ?

COMMENT ÇA MARCHE À LA SAAQ… APRÈS UN ACCIDENT?

Publié: 7 novembre 2018 par cattara dans Actualités

Vous avez été victime d’un accident de la route? Votre condition après l’accident nécessite de l’aide à domicile? Un de vos proches est décédé dans un accident? Piéton, cycliste ou automobiliste, quelle que soit la raison, du moment que vous vous sentez concerné par le Régime d’assurance automobile du Québec le Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses accidentés de la région des Appalaches (CATTARA) vous propose  un atelier-conférence de monsieur Steve Simard, conseiller à l’information à la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), le 29 novembre prochain au Centre communautaire Marie-Agnès-Desrosiers, 37 Notre-Dame Ouest à Thetford Mines.

Opioïdes ou cannabis?

Publié: 31 octobre 2018 par cattara dans Actualités

PAS VRAIMENT LE CHOIX À LA SAAQ

Le mois dernier, l’émission La facture, diffusée sur les ondes de Ici Radio-Canada télé, nous invitait à pénétrer une fois de plus les méandres de la bureaucratie. Cette fois-ci, il y était question du cas de Katia Hurdle, une jeune femme victime d’un accident d’auto, à qui l’on prescrivait des opioïdes pour ses douleurs chroniques. Jusque là, aucun problème, la SAAQ lui rembourse  le dilaudil au fentanyl et la méthadone qu’elle doit prendre. Une somme de 800$ par mois. Or, les effets de cette médicationprovoquent chez elles des réactions terribles.

Après de nombreuses démarches elle consulte le docteur William Barakett, médecin de famille et spécialiste de la douleur, qui lui recommande le cannabis médicinal. Elle accepte, faisant fi de ses propres préjugés envers les consommateurs de pot.

C’est à ce moment que le bât blesse et que la situation frôle l’absurde. À la SAAQ on refuse de lui rembourser le produit pourtant beaucoup moins cher et prescrit sur ordonnance, faut-il le rappeler.

Madame Hurdle explique qu’avec les opioïdes elle avait « des hallucinations, parfois des conversations avec des gens qui n’étaient pas là et (qu’elle pouvait) flatter des animaux qui n’existaient pas. » C’est pour ces raisons qu’elle s’était résolue à suivre les conseils du docteur Barakett. Accompagnée par ce dernier, elle avait trouvé la dose qui lui convenait et commencé à consommer son cannabis médicinal sous forme d’huile et de capsules.

Après un mois, elle cesse les opioïdes et se porte mieux. Toutefois, rien pour faire changer d’idée la SAAQ. Elle ne sera pas remboursée! Car, fait-on valoir, « seuls les médicaments inscrits sur la liste du Régime général d’assurance médicament (RGAM) peuvent être remboursés. » Le plus grotesque c’est qu’à la CNESST « si la substance est prescrite dans le but d’offrir à la personne un meilleur rétablissement et un meilleur contrôle de sa douleur, on peut la considérer comme un médicament », indique Claire Frémont qui signe le reportage pour La facture.

Il est clair que la que la situation va changer et que la SAAQ et la RGAM en viendront elles aussi à reconnaître le cannabis médicinal comme un médicament. toutefois cela risque de prendre encore du temps. En attendant, Katia Hurdle continue à prendre son cannabis médicinal… à ses frais. Consolation, elle a retrouvé « l’espoir de travailler à nouveau et sa situation s’améliore de jour en jour. » Pas question pour elle « de revenir en arrière. »

QUELQUES EFFETS POTENTIELS DES OPIOÏDES :

  • sentiment d’euphorie
  • somnolence
  • détente
  • difficulté de concentration
  • contraction des pupilles
  • nausées
  • vomissements
  • constipation
  • perte d’appétit
  • transpiration
  • ralentissement de la respiration…

Enfin la prise d’opioïdes peut conduire à une accoutumance et pousser le consommateur à augmenter sa dose pour pallier le manque ressenti.

Pour lire l’article de Claire Frémont :
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1128974/cannabis-medical-saaq-remboursement-drogue-legalisation-accident-voiture-douleur-chronique

                                 

LE CAS PROTEKTOR N’EST SÛREMENT PAS UNIQUE

Publié: 24 octobre 2018 par cattara dans Actualités

CATTARA souhaite encore une fois mettre en garde les accidentés du travail ou de la route à réfléchir avant de signer quoi que ce soit avec le premier venu.

La question n’est pas de dire que seuls nos services sont honnêtes. Ce que nous disons c’est attention et ne cédez pas à la panique si vous essuyez un refus d’indemnisation de la CNESST ou de la SAAQ. Appelez-nous avant de poser des gestes prémédités…

Sensiblement à la même date l’an dernier, nous avions alerté, conjointement avec l’Acef Appalaches-Beauce-Etchemins, les victimes d’accident de la route ou du travail qui rencontraient des problèmes d’indemnisation de ne pas faire confiance au premier venu. À ce moment, nous avions rencontré une victime qui devait débourser de fortes sommes pour recevoir des services qui sont gratuits à CATTARA.  Comme il n’existait aucun jugement à l’endroit de ces pseudo-experts l’organisme avait dû taire le nom de l’entreprise en cause.

Or, en juin dernier le Barreau du Québec a condamné Protektor, l’agence dirigée par Vanessa Thiffeault-Picard pour plusieurs infractions à la Loi sur le Barreau. Cette même entreprise à propos de laquelle nous avions invité le public à faire preuve de vigilance.

Un peu plus tard, le 27 juin, des clients de Protektor ont reçu une lettre d’une entreprise nommée Accident Solution qui prétend avoir acheté Protektor, comme le révélait TVA Nouvelles. De surcroit, Accident Solution s’engageait à respecter les mandats de Groupe Protektor.

Mais, comme le précise encore TVA, au registre des entreprises du Québec, on constate que Accident Solution est dirigé par Vanessa Thiffeault-Picard et Me Robert Askell, l’avocat de… Protektor.

Ce qui a fait bondir Me Marc Bellemare, cité par TVA : «C’est la même organisation, a-t-il dit. Et c’est le même danger public que ça représente pour les victimes d’accidents qui font confiance à des gens qui se disent experts, mais qui n’ont pas nécessairement de formation professionnelle en droit et qui n’ont pas d’assurance et de garantie de compétence à leur offrir.»

« On le sait, conclut la directrice de CATTARA, le cas du Groupe Protektor n’est pas unique malheureusement.»

UN DOSSIER QUI FAIT DU BRUIT

Publié: 24 octobre 2018 par cattara dans Actualités

Au Québec, entre 1997 et 2010, 36 188 cas de surdité professionnelle ont été acceptés par la CSST. Une augmentation importante, puisque le nombre de cas observés est passé de 1 540 en 1997 à 4 341 en 2010. Trois fois sur quatre, les travailleurs atteints sont âgés de 55 ans et plus.*

Mais qu’arrive-t-il lorsque le travailleur est à la retraite? Peut-on encore présenter une demande auprès de la CSST? Oui, puisque le retrait du marché du travail ne signifie pas la perte de vos droits. Mais il y aura des démarches à entreprendre.

Présenter une réclamation à la CSST après la retraite

Comme l’explique Nancy Laliberté, directrice du Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses accidentés de la région des Appalaches (CATTARA), « il est possible de présenter une demande à la CSST pour de l’appareillage ou des aides techniques, même si le travailleur est à la retraite. » Toutefois, en matière de surdité professionnelle, la loi établit certains critères pour l’application de l’assistance médicale. « Par exemple, poursuit la directrice de CATTARA, les aides techniques doivent être requises par la condition auditive du travailleur qui résulte d’une exposition au bruit dans son milieu de travail. Quant aux appareils auditifs, ils doivent être prescrits par un professionnel de la santé, notamment un médecin et enfin, ces dernières doivent être disponibles chez un fournisseur agréé par la Régie de l’assurance maladie du Québec. »

La porte d’entrée CATTARA

Ainsi, malgré les chiffres cités plus haut, bon nombre de travailleurs se privent de recevoir toute l’aide dont ils auraient besoin, croyant à tort qu’il n’y ont pas droit. Donc, comme le précise Mme Laliberté, « au moindre doute, il ne faut pas hésiter à s’informer. » Pour prendre rendez-vous avec l’organisme il suffit d’appeler le 418 338-8787 ou sans frais le 1 877 838-8787

 

*Portrait de la surdité professionnelle acceptée par la Commission de la santé et de la sécurité du travail au Québec : 1997-2010 TROUBLES DE L’AUDITION SOUS SURVEILLANCE INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC

DE NOUVELLES RESPONSABILITÉS POUR L’EMPLOYEUR

Publié: 24 octobre 2018 par cattara dans Actualités

Est-il besoin de le répéter, aux yeux de la loi, l’employeur est responsable de la  sécurité de ses salariés. Et voilà que depuis le 17 octobre, l’usage du cannabis à des fins récréatives sera complètement légal. Ce qui risque d’entraîner bon nombre de questionnements quant aux mesures à mettre en place afin d’encadrer la consommation et la possession du cannabis sur les lieux de travail.

« Comme c’est le cas pour le harcèlement psychologique, il revient à l’employeur de mettre en place une politique qui encadre non seulement la consommation du cannabis au sein de l’entreprise, mais également sa possession », prévient Nancy Laliberté, directrice du Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses accidentés de la région des Appalaches (CATTARA). Tant que c’était illégal, le problème se posait différemment, la plupart du temps l’employé fautif était congédié. Mais désormais la possession de marijuana, selon la quantité permise, ne constitue plus une infraction criminelle.

Alors que faire si l’on possède une entreprise?

Il n’y a pas trente six solutions. L’employeur devra se doter d’une politique claire en matière de consommation et de possession de cannabis sur les lieux de travail. Comme il doit le faire lorsqu’il est question de harcèlement psychologique et sexuel.

« Entre autres, conseille madame Laliberté, il devra être stipulé que la possession, la consommation ou le partage du cannabis en milieu de travail seront interdits sous peine de sanctions qu’on aura pris la peine de définir nettement. L’employeur usera, ici, de son droit de gérance. »

L’employeur peut aussi inclure dans sa politique des mesures concernant les salariés qui se présentent au travail avec des facultés affaiblies dues à l’usage de cannabis.

Mais nonobstant de ce qui sera décidé en matière de politique sur la consommation de cannabis, celle-ci devra être claire, être appliquée chaque fois que la situation l’exige et surtout être distribuée à tous les employés, en prenant soin de s’assurer qu’elle est comprise de chacun.

OPINION

Publié: 2 août 2018 par cattara dans Actualités
L’ergothérapie et la physiothérapie exclues de l’assistance médicale
 DUR COUP POUR LES VICTIMES DE LÉSIONS PROFESSIONNELLES

En modifiant le Règlement sur l’assistance médicale qui s’applique à la CNÉSST, Québec s’en prend cette fois-ci aux règles concernant les soins et traitements de physiothérapie et d’ergothérapie en clinique privée, en les excluant de l’assistance médicale.

Pour CATTARA, cela revient à dire que, désormais, le droit à l’assistance médicale sera limité. Concrètement, le règlement tend à exclure le plus possible l’ergothérapie et la physiothérapie de l’assistance médicale en les classant dans la section réadaptation. En terme clair, lorsqu’il est question de réadaptation la CNÉSST a le pouvoir de refuser de défrayer certains coûts sans tenir compte de l’opinion du médecin traitant. Cela fait partie des pouvoirs discrétionnaires de l’organisme gouvernemental. Par conséquent, elle aurait ainsi la possibilité de choisir l’intervenant. Un pouvoir qui, à notre avis, comporte ses risques de dérapage.

Du positif… Du négatif

En contrepartie, on doit se réjouir que le nouveau règlement vienne abolir les règles concernant les traitements qui étaient fixés à 30 traitements et de 8 semaines ainsi que l’avis motivé du médecin qui autorisait ou non la poursuite des traitements comme on pouvait le lire dans le texte de 2007. Mais après la carotte… le bâton.

Ainsi, bien que le nombre maximal de traitements disparaisse, la victime de lésion professionnelle n’aura plus droit qu’à un traitement par jour et pas plus de trois par semaine.

Un second point positif, la CNÉSST assumera les coûts reliés à l’assistance médicale en matière de soins, traitements ou services prescrits. Par ailleurs, dans ces cas précis l’intervenant devra être membre d’un ordre professionnel et être autorisé à exercer, à poser l’acte et être titulaire d’un permis valide à cette fin.

Soulignons qu’auparavant, le remboursement ne visait que les soins et traitements et laissait le choix de l’intervenant entre les mains du médecin traitant. Cette modification aura pour effet l’obtention de services qui n’étaient pas couverts et permettra au travailleur, le cas échéant, de choisir son intervenant.

Les nombreuses limitations

Mais ce n’est pas parce qu’il y a un côté givré que le côté sec a totalement disparu. Car il y a bel et bien plusieurs impacts négatifs liés à l’entrée en vigueur du règlement modifiant le Règlement sur l’assistance médicale : limitation, exclusion, disparition des droits en sont des exemples notables.

Dans un premier temps, pensons au changement de classification de l’ergothérapie qui s’apparente à un détournement de l’objectif de Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. L’ergothérapie n’est, dorénavant, plus considérée comme un traitement mais un outil visant un retour au travail.

Cela signifie que les services d’ergothérapie sont exclus de l’assistance médicale. Ces services deviennent des mesures de réadaptation. Dans le champ d’action qu’est la réadaptation, la CNÉSST n’est pas liée par l’opinion du médecin traitant. La CNÉSST a la discrétion d’accepter ou refuser la prescription par le médecin traitant de ces services. Elle peut alors orienter les travailleurs chez l’intervenant de son choix.

On se défendra en disant que ce ne sont pas tous les traitements d’ergothérapie qui sont exclus de l’assistance médicale. Or, pour ceux-ci, on crée une restriction supplémentaire : aucun traitement avant la 6e semaine, sauf pour certaines lésions ou prescription contraire du médecin. De plus, le travailleur n’a pas droit aux traitements si la lésion est consolidée (en cas de guérison ou dans les cas où aucune amélioration de l’état de santé du travailleur n’est prévisible) à la 6e semaine.

Il n’est donc pas exagéré que de dire que maintenant les rapports de physiothérapie et d’ergothérapie seront beaucoup plus axés sur le retour au travail que sur les traitements eux-mêmes. Et ce, même s’il s’agit de rapports rédigés dans le cadre de l’assistance médicale, donc visant à traiter une lésion, et non dans le cadre de la réadaptation physique, sociale ou professionnelle. Bref, les nouveaux rapports  visent à concrétiser la volonté de la CNÉSST d’axer l’assistance médicale vers le retour au travail (ou sur le marché du travail) au détriment de l’objectif de la loi qui vise avant tout la réparation de la lésion professionnelle.

Nancy Laliberté

Directrice CATTARA

Il arrive parfois qu’on se demande si ce qu’on fait en vaut vraiment la peine. Si ça peut donner des résultats qui auront un impact dans l’avenir. Puis, on se dit que si on n’essaie pas on ne le saura pas. C’est un peu ce qui s’est passé avec Normand Boissonneault, ce charpentier-menuisier de la région, dont le jugement récent servira désormais à beaucoup de travailleurs en situation de vulnérabilité. Un dossier auquel CATTARA a contribué. Nous vous relayons aujourd’hui un article du quotidien Le Soleil signé Ian Bussières qui raconte les événements et les répercussions.

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Quand le soleil nuit à la santé des travailleurs

Publié: 5 juillet 2017 par cattara dans Actualités

Il y a à peine un jour que nous avons du soleil et voici que l’on en parle comme d’un danger. J’en entends déjà dire, non mais ils ne sont jamais contents à CATTARA. Je vous le dis tout de suite : je m’inscris en faux. L’article portera exclusivement sur les moyens à prendre pour profiter pleinement des jours ensoleillés, lorsque nous devons travailler à l’extérieur.

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Travail et chaleur d’été : Comment protéger vos employés? – 24 avril 2017

Vivement le retour de la chaleur et des beaux jours d’été! Le soleil plombe et offre un regain d’énergie à tous. Néanmoins, quelques précautions sont à prévoir lors de la saison chaude. Les fortes chaleurs d’été peuvent occasionner divers malaises et mettre en danger les travailleurs. Chaque année, en moyenne 18 travailleurs sont victimes de troubles liés au travail à la chaleur au Québec selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Quels sont les effets de la chaleur sur les employés qui travaillent à l’extérieur?
Effets de la chaleur sur la santé des travailleurs :

Les malaises créés par la chaleur sont différents d’un travailleur à un autre. Divers facteurs tels que l’état de santé des employés, l’effort physique, la température et l’humidité ambiante influencent la capacité à affronter les hautes températures.

Coup de chaleur (insolation)

Le corps humain tente de maintenir une température corporelle d’environ 37 °C. Cependant, le corps est vite malmené par de longues journées de travail à l’extérieur. Le thermomètre corporel peut vite grimper et atteindre plus de 40 °C. Si le corps ne parvient pas à se rafraîchir, un coup de chaleur soudain survient. D’abord, le travailleur pourrait ressentir des étourdissements, le vertige ou une fatigue inhabituelle. Si l’employé présente des propos incohérents, une perte d’équilibre ou une perte de conscience, il s’agit alors d’une urgence médicale. Il faut rapidement appeler les secours, transporter l’employé dans un endroit frais ou à l’ombre, enlever ses vêtements, asperger son corps d’eau et lui donner de l’eau en petite quantité, si possible.

 

Coup de soleil

Sous ce ciel bleu, se cachent des milliers de rayons ultraviolets (UV), lesquels rebondissent sur la peau. Grâce à eux, la peau brunit, mais elle peut aussi brûler. Mieux connue sous le nom de « coup de soleil », cette brûlure peut varier en gravité. La consultation médicale est recommandée dès que des cloches apparaissent sur la peau, car il s’agit alors d’une brûlure au deuxième degré.

La déshydratation

Par temps chaud, les risques de déshydratation sont élevés puisque le corps lutte constamment pour se rafraîchir. Pour ce faire, l’organisme évacue beaucoup plus d’eau par la transpiration qu’à la normale. Cette diminution en eau doit être contrebalancée, sans quoi une déshydratation surviendra.

Épuisement

L’épuisement se manifeste lorsque le travailleur ne compense pas la quantité d’eau et de sels minéraux que son corps a éliminés. Il présentera les symptômes tels qu’une fatigue intense, des maux de tête, une peau pâle et moite, des étourdissements, une respiration rapide et des crampes abdominales et musculaires.

Effets de la chaleur sur la performance des travailleurs :
Diminution de la concentration

D’abord, la chaleur oblige le corps à travailler plus pour maintenir sa chaleur corporelle à 37 °C. Cependant, ce processus augmente le flux sanguin et provoque une transpiration plus abondante. Cela peut affecter la concentration et la capacité d’accomplir des tâches mentales. Moins vigilant, l’employé augmente sans le savoir les risques de faire un accident.

Incapacité d’accomplir certaines tâches exigeantes

Les longues journées chaudes épuisent plus rapidement les employés lors d’un travail à l’extérieur. L’épuisement est tel que leur productivité en est réduite. Parfois trop fatigués, ils peuvent avoir de la difficulté à accomplir les tâches qui nécessitent plus d’énergie et de concentration.

Mesures à prendre pour protéger vos employés :
  • Fournir et favoriser la prise d’eau toutes les 20 minutes pour prévenir la déshydratation. Par contre, il est déconseillé de boire des boissons énergisantes et de l’alcool;
  • Prévoir un endroit à l’ombre ou à l’air climatisé pour les pauses des travailleurs;
  • Permettre de plus longues pauses lors des jours très chauds;
  • Obliger le port d’équipements de protection individuels (EPI). Suggérer le port de vêtements légers, de couleur claire et en coton pour permettre l’évaporation de la sueur;
  • Fournir de la crème solaire et favoriser son application pour protéger les travailleurs contre les coups de soleil;
  • Planifier les tâches et ajuster le rythme du travail afin que l’effort physique plus important soit le matin et plus léger en après-midi;
  • Recommander le port de casquette ou chapeau à vos employés pour protéger leur visage et leur cou;
  • Former les employés sur les dangers de travailler à l’extérieur quand il fait chaud. Une capsule informative est disponible sur notre nouvelle plate-forme Novo Studio. Celle-ci donne des solutions pour prévenir les risques en lien avec le travail à l’extérieur lors d’une chaleur accablante.

En résumé, il est primordial pour un travailleur et un employeur de prendre en considération les risques. L’adoption de bonnes méthodes de travail est une sage décision pour assurer la santé et la sécurité des employés.

 

Sources :

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Travailler à la chaleur :la prévention en images, [En ligne], http://www.csst.qc.ca/prevention/theme/coup_chaleur/Pages/infographique-coup-de-chaleur.aspx
Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Travailler à la chaleur… Attention !- 2e édition, [En ligne], http://www.cnesst.gouv.qc.ca/Publications/100/Documents/DC100-1125web.pdf
Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec (CPSST).«  S’acclimater… À la chaleur!», Convergence vol.18,n˚2, publié en avril 2002,[En ligne],
http://www.centrepatronalsst.qc.ca/documents/pdf/conv_avril_02.pdf#search=%22chaleur%22
Gouvernement du Manitoba. La chaleur et votre santé, [En ligne],
http://www.gov.mb.ca/health/publichealth/environmentalhealth/heat.fr.html#2