Un texte de Anne-Louise Despatie 

Pour consulter l’article en ligne : Suicide au travail

Alors qu’on s’inquiétait beaucoup du suicide chez les adolescents québécois il y a 20 ans, ce sont maintenant les hommes dans la quarantaine et la cinquantaine qui sont les plus nombreux à s’enlever la vie.

En 2013, 1101 Québécois se sont suicidés, soit environ trois par jour. Les dernières statistiques sur le suicide au Québec montrent que les trois quarts d’entre eux étaient des hommes. C’est pourquoi des employeurs sont de plus en plus nombreux à faire de la prévention à ce sujet en milieu de travail.

En 25 ans, il y a eu cinq suicides chez les employés de Cascades, dont un l’an dernier. Aucun de ces suicides ne s’est produit sur les lieux de travail, mais chaque fois, les collègues étaient secoués.

Alain Lemaire, le président exécutif du conseil d’administration de Cascades, a décidé de faire de la prévention pour ses employés, mais aussi d’inviter d’autres entreprises à en faire autant. « Il faut que tout le monde soit conscient que le suicide, c’est quelque chose qui ne devrait pas arriver. Parce que je suis convaincu que les gens qui pensent au suicide ne veulent pas mourir, ils veulent arrêter de souffrir », dit-il.

Depuis 2008, l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) offre une formation à tous les employeurs qui, comme Cascades, veulent constituer un réseau de sentinelles : des employés qui se chargent d’être attentifs à ce que vivent leurs collègues, pour ensuite les orienter vers de l’aide au besoin.

« Les volontaires vont recevoir une formation de sept heures qui leur permet de mieux repérer une personne en détresse, savoir comment entrer en communication avec elle, savoir quoi dire et ne pas dire, et quelle question poser pour savoir s’il y a des pensées suicidaires » explique Lucie Pelchat, conseillère à la formation à l’AQPS.

« Pour la population en âge de travailler, surtout les hommes, le suicide est la troisième cause de décès. Ce qui est énorme, presque trois fois plus que les accidents de la route. »— Gilles Légaré, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec

Pour l’épidémiologiste Gilles Légaré de l’Institut national de santé publique du Québec, ce programme permet de cibler le groupe qui est devenu le plus vulnérable face au suicide. « On a l’impression que le suicide, c’est une affaire de jeunes, ce qui n’est pas le cas. Là où les taux de suicide sont les plus élevés, c’est vraiment autour de la cinquantaine », explique-t-il.

Selon les plus récentes statistiques de l’Institut national de santé publique du Québec, qui datent de 2013, le risque de suicide est 3,5 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

La 26e semaine nationale de prévention du suicide se tient à travers le Québec du 31 janvier au 6 février.

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